Le Libertarien

Le socialisme

Le socialisme est une manière de se représenter la société opposée à celle du libertarien.

Cette opposition se résume à un point simple.

Le socialisme vise un résultat défini. Il souhaite que la société aboutisse à une certaine répartition de la richesse. Pour schématiser, il souhaite que chacun obtienne selon son mérite ou selon ses besoins, que personne ne soit laissé pour compte ou abandonné comme un rebut.

La pensée libertarienne ne vise pas de résultat défini.

Comprendre cela demande une certaine agilité intellectuelle. Parce que des siècles de pensée politique nous ont appris à regarder la société de manière finaliste, comme si celle-ci devait avoir un but, tendre vers un résultat concret et précis.

Aux yeux du libertarien, il n'en est rien.

Le libertarien est tourné vers les principes et non vers la fin.

Le libertarien pense qu'il est important que les principes d'une société (ses règles, ses lois) soient clairs, les mêmes pour tous et connus d'avance (c'est la notion de Rule of Law).

Quels résultats découleront de ces principes ? Pour le libertarien, cette question n'est pas importante. Elle est même tout à fait secondaire. Ces principes donneront sans doute naissance à un monde très injuste, au sens où l'entendent les socialistes. En effet, des individus différents ont des aptitudes différentes. Si donc tous jouent selon les mêmes règles, l'écart va se creuser, c'est inévitable. La société engendrée par le système libertarien est nécessairement inégalitaire.

Mais elle est juste ! Du moins, au sens où l'entendent les libertariens. Elle est juste car les règles étaient claires et connues à l'avance.

Aux yeux du libertarien, le socialisme représente un énorme danger. Certes, sa promesse est séduisante. Qui ne rêve d'un monde où chacun obtient ce dont il a besoin ? Le problème, c'est que vous ne pouvez pas avoir les deux ensemble : un monde de règles connues d'avance, et un monde qui vise un résultat précis ; un monde où on s'attache aux principes, et un monde où on poursuit une fin.

Or si nous renonçons aux principes, si nous faisons confiance à une autorité pour nous guider vers la fin heureuse, qui ne voit les dérives possibles ?